Tradition vénérable ou catastrophe écologique ? Une nouvelle saison de chasse à la glu s’est ouverte dans le sud-est de la France, au grand dam des opposants qui dénoncent la capture “cruelle” de plus de 42.000 grives et merles.
Cette méthode de chasse, qui consiste à capturer des oiseaux à l’aide de tiges enduites de colle, est dans le collimateur de l’Europe qui l’a interdite en Espagne et a lancé une procédure d’infraction en juillet contre la France.
De quoi inquiéter Daniel Portalis, 67 ans, qui s’affaire à “caler la glu”, à la lampe frontale, sur une colline surplombant Marseille. Il est six heures du matin et le soleil n’a pas encore inondé la garrigue. Objectif: capturer vivante une grive.
D’une valise en bois, le chasseur extrait des bâtons d’une cinquantaine de centimètres enduits de colle, les “gluaux”, et les installe à hauteur d’homme, dans un buisson de chênes verts.
Parmi les touffes de thym et de romarin, il dispose des cages de bois où s’ébrouent ses “appelants”: merles noirs et grives capturés lors de précédentes parties de chasse.
Le chasseur dissout la colle à l’essence, puis encage la grive. L’oiseau migrateur rejoindra la trentaine “d’appelants” qu’il élève chez lui. Ils serviront, par leurs chants, à attirer des dizaines de leurs congénères lors de parties de chasse à la carabine.